Avec ce projet de transfert du trafic de l’aéroport de Nantes Atlantique vers Notre Dame des Landes, une question incontournable se pose : si une entreprise croit réellement dans la rentabilité de ce projet, pourquoi avoir recours à un financement de type PPP (Partenariat Public Privé) alors qu’elle peut parfaitement le réaliser en le finançant elle-même ?

On comprend bien l’intérêt que ces entreprises privées portent à ces PPP, car elles réduisent considérablement leurs engagements financiers. De plus ces contrats sont ainsi libellés que, tant que les bénéfices ne sont pas réalisés, aucun remboursement d’emprunt n’est exigible. C’est le cas des aéroports de Toulouse Blagnac, Lyon Satolas et Nice-Côte d’Azur. Une fois l’affaire financée par les fonds publics devenue prospère, les pouvoirs publics, probablement convaincus de l’efficacité incomparable du libéralisme économique, s’empressent de la rétrocéder à un gestionnaire privé

La Société Vinci apparaît sous une double casquette. Au travers de la société AGO (Aéroports du Grand Ouest) dont elle est l’actionnaire majoritaire, elle est chargée de la construction dudit aéroport mais également d’en assurer la gestion et ce pour une durée de 55 ans. Dans un article publié le 27 février dernier, le Figaro indiquait que le dédit en cas de non réalisation qui devrait être versé à la société Vinci s’élèverait à 350 millions d’euros. Il y a là une ambiguïté qui parait difficilement acceptable. De plus qui peut assurer que ce ne seront pas des filiales de ce groupe qui construiront les 4 à 5 milliards d’équipements collectifs nécessaires pour relier ND des Landes aux infrastructures existantes, puis les logements, bureaux, hôtels etc… sur les terrains libérés à BOUGUENAIS et autour du nouvel aéroport ?

Pourquoi cette société, premier groupe mondial de BTP, va-t-elle rechercher un cofinancement au travers de fonds publics ? De deux choses l’une :

-soit ce projet mobilise des fonds privés et il s’auto-suffit,

-soit ce projet n’apporte pas toutes les garanties de rentabilité à terme, et il ne parait pas utile d’y risquer des deniers publics.

Le groupe d’élus FN – RBM du Conseil Régional des Pays de la Loire s’interroge sur un financement qui accorde les bénéfices immédiats à une multinationale privée, et laisse les charges de long terme à l’Etat et aux collectivités territoriales et donc les impôts aux contribuables. Nous défendrons l’intérêt général des Ligériens et de leurs institutions locales.

  

Jean Goychman

Front National-Rassemblement Bleu Marine

Conseil Régional du Maine et Loire

Analyse sur NDDL par Jean Goychman