Suivez Pascal Gannat sur Twitter
Page Facebook Pascal Gannat

Pour le Groupe Front National – Rassemblement Bleu Marine que je représente aujourd’hui devant votre commission, le projet de transfert d’aéroport de Nantes Atlantique vers Notre Dame des Landes constitue une erreur à 4 titres :


 

  • Une erreur économique et d’aménagement du territoire

  • Une erreur environnementale

  • Une erreur contractuelle, financière et  budgétaire

  • Et enfin une erreur sur la plan démocratique et politique.


Erreur sur le plan économique d’abord

Les partisans du transfert appuient leur soutien sur la supposée saturation de l’aéroport actuel de Nantes Atlantique.

Or cet aéroport qui n’est que le 9ème au plan national en termes de nombre de passagers (4,2 millions en 2015), n’est absolument pas saturé.

Pas saturé par le nombre de rotations d’atterrissages  et de décollages qu’il autorise et pas saturé non plus en matière d’accueil et de confort des voyageurs, puisque la plateforme aéroportuaire peut être étendue en rajoutant des comptoirs  d’enregistrement notamment si cela venait à être nécessaire. Il faut savoir que plusieurs aéroports européens accueillent beaucoup plus de passagers en n’utilisant qu’une seule piste. C’est le cas de Genève et de Stuttgart pour ne citer qu’eux avec des fréquentations bien supérieures à 10 millions de passagers.

L’aéroport de Nantes Atlantique n’est tellement pas saturé qu’il est même utilisé comme aéroport de dégagement par les exploitants de vols long-courrier parce qu’il ne présente pas de risques d’attentes dus à l’engorgement de l’aéroport !

Enfin, le développement des compagnies low-cost qui drainent une clientèle importante sur des vols courts et moyens courriers peut s’envisager en utilisant par exemple l’aéroport d’Angers-Marcé qui est de plus particulièrement bien desservi par la route et le rail.


Quand ce projet a vu le jour, il s’agissait d’accueillir l’avion supersonique Concorde dont l’exploitation est arrêtée depuis plus de 15 ans ! Sans entrer dans de trop grands détails, l’évolution de l’économie du transport aérien pousse à la création de grands hubs pour les vols long courrier (En France, Roissy et dans une bien moindre mesure Nice Côte d’Azur) et du développement de liaisons point à point pour le court et moyen-courrier (jusqu’à 4 heures de vol). Enfin, les liaisons ferroviaires rapides type TGV sont les plus adaptées en matière de coût et de temps pour les distances de 400 à 500 km, distance qui sépare Nantes de Roissy.  Il est donc hélas bien difficile de prévoir un avenir radieux pour la plateforme de Nantes, qu’elle se situe à Nantes Atlantique ou à Notre Dame des Landes.


Erreur sur le plan de l’aménagement du territoire,

car ce projet de transfert si il voit le jour va accentuer l’effet de métropolisation de Nantes au détriment des territoires ruraux  souvent délaissés de notre région et de la Bretagne.  La plateforme aéroportuaire à NDDL agrégerait de nouvelles communes à la métropole nantaise, en renforçant ainsi son emprise politique et économique et en accroissant significativement la fiscalité locale de communes qui ne verraient que passer les avions. Il faut savoir que la taxe foncière des communes métropolitaines a déjà bondi de plus de 800% et la taxe d’habitation de l’ordre de 19% entre 2015 et 2016.

On nous dit que le transfert va créer énormément d’emplois. D’abord, il s’agira essentiellement d’emplois pendant la période de construction de l’aéroport, emplois qui seront pourvus essentiellement par des travailleurs détachés au détriment des emplois locaux. C’est ce que l’on constate sur la quasi-totalité des grands chantiers d’infrastructure (la LGV en est un exemple récent).


Erreur sur le plan économique, mais aussi erreur sur le plan environnemental.

Je passe rapidement sur le rapport de la DREAL remis au Préfet de Région et qui avait été enterré pendant 1 an ½ qui précise que «  l’allongement de la piste de Nantes-Atlantique ne présente pas de risques pour la faune de la réserve naturelle de Grand Lieu mais qu’au contraire elle garantit la préservation des zones humides de la ceinture verte de l’aéroport ».

Le transfert à NDDL va détruire des centaines d’exploitations, de zones agricoles de bocage d’un intérêt environnemental et patrimonial majeur, sur une surface de 20 lm² environ.


Erreur sur le plan contractuel, financier et  budgétaire.

Le contrat de concession à Aéroport du Grand Ouest filiale du Groupe VINCI à 85% est caractérisé, c’est le moins que l’on puisse dire, par une grande opacité (notamment les annexes du contrat ne sont pas accessibles à la population amenée à se prononcer lors du référendum). 

Pourquoi la société VINCI, si elle croit à ce projet ne le finance-t-elle pas seule sans avoir recours aux financements publics (Etat et collectivités) ?

La concession à AGO est signée pour 55 ans, ce qui signifie que tous les travaux à venir (agrandissement notamment) se feront sous le dictat de Vinci qui imposera ses prix. C’est ce que l’on observe pour tous les projets passés et actuels conclus en PPP.

Enfin et surtout, les coûts d’infrastructures ferroviaires et routières nécessaires à la desserte de la plateforme de NDDL (de 3 à 4 milliards d’euros) ne sont jamais évoqués. Ces infrastructures seront financées par les collectivités territoriales et obéreront les capacités des départements et des régions pour financer les travaux de développement routier ou du rail nécessaires au désenclavement des territoires ruraux  ainsi que la suppression des zones blanches et grises numériques et téléphoniques, véritables freins au développement économiques de ces zones.


Enfin erreur sur le plan politique et démocratique,

car les contributeurs au projet (c’est-à-dire notamment les contribuables des régions Pays de la Loire et Bretagne) ne sont que très partiellement consultés (seuls les habitants de Loire Atlantique sont invités à la consultation de la fin juin). Comment ne pas considérer que le reste des habitants contribuables est méprisé – je pense en particulier aux sarthois qui utiliseront peu NDDL puisque les aéroports parisiens sont plus accessibles pour eux.

C’est donc, pour le FN-RBM, un projet inutile, dangereux sur le plan environnemental et financier et mené de façon peu démocratique. Un cas d’école de ce qu’il faut désormais éviter.

 

Pascal NICOT, élu du groupe FN-RBM au Conseil régional des Pays de la Loire.

Pascal Nicot

Front National-Rassemblement Bleu Marine

Conseil Régional Pays de la Loire

24/05/2016

La Commission national du débat public (CNDP) a convoqué un de nos élus pour justifier l’opinion du groupe sur NDDL.